Le réservoir - Décapage

Il fallait bien le prendre par un bout et franchement, j'avoue qu'il m'inquiétait un peu. Dégazer un réservoir, quand on l'a jamais fait et quand on sait le risque que ça représente, si on travaille mal, ça donne pas envie. Mais bon, faut y aller alors allons y !

La paroi intérieure du réservoir est recouverte d'un dépôt de plusieurs millimètres d'épaisseur laissé par le carburant en suspension depuis des décennies. Et ça pue, et pas un peu, et c'est tenace comme la misère sur le pauvre monde.

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Confer l'état de ce pauvre bouchon de réservoir

img-0178.jpegSuivant la méthode laissée sur son forum par baboon, spécialiste ALFA ROMEO, j'ai inondé le réservoir avec de la lessive et de l'eau chaude. J'ai laissé macérer une journée entière.

Au moment de le vider, par étapes, je l'ai secoué comme un prunier pour décoller toute cette crasse de carburants. Ça a coulé couleur rouille avec cette odeur pestilentielle à vous prendre la tête. Puis le réservoir a passé la nuit avec un nouveau bain de lessive et d'eau chaude ( super pratique à se procurer de l'eau chaude sur une aire de lavage ). A chaque changement d'eau, des saletés s'en allaient, mais ça s'accroche encore et c'est loin d'être fini.

Alors j'ai eu une idée. Comme la crasse s'était accumulée au fond, j'ai ferme le réservoir avec son bouchon et fait entrer l'eau au moyen d'un jet d'eau, par le petit trou du robinet d'essence, situé sous le réservoir. Et là, surprise. En rentrant par là, l'eau a délogé des poches gazeuses, qui se sont échappées du réservoir en sifflant et en provoquant un retour d'eau en jet puissant comme un geyser. J'ai renouvelle l'opération plusieurs fois et il s'est passé chaque fois la même chose. Le truc semble efficace. Je vais me faire prêter un kärcher pour décoller les déports tenaces dans les parties non accessibles du réservoir.

Bon, dans ce domaine aussi on a bien progressé. Je ne peux par poursuivre la méthode de baboon tant que le réservoir ne présentera pas un aspect intérieur plus convaincant. La méthode complète est mentionnée dans la rubrique liens utiles.

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20 Novembre 2011.


Encore un bain au détergent à base d'ammoniaque, mais cette fois, à l'eau bouillante, comme préconisé dans la méthode. En bougeant le réservoir, des poches de gaz se sont échappées en faisant le bruit d'un sifflement. Une fois le réservoir vidé, puis rempli à nouveau plusieurs fois par l'orifice du robinet, donc par dessous, des plaques de résidus d'hydrocarbures, mesurant quelques centimètres carrés, se sont détachées des parois. Le problème, c'est que réservoir en est couvert. C'est comme du goudron solidifié, d'un millimètre et demi d'épaisseur et empestant le carburant. 

img-0019.jpegFranchement, c'est tenace!!!

Prochaine étape, eau bouillante, vis et boulons. Je vais monter le réservoir sur un axe, lequel reposera sur deux tréteaux. A défaut de moteur électrique, on fera tourner le réservoir sur son axe, comme on fait tourner un agneau à la broche ou le linge dans le tambour d'une machine à laver. C'est exactement ce principe là. Les plaques d'hydrocarbures, ramollies par l'eau bouillante, sont censées se détacher grace aux vis et boulons en rotation. Leurs contours tranchants sont censés décaper les parois du réservoir et le rendre nickel.

Trés franchement, je demande à voir. J'avoue être un peu septique mais tellement d'internautes approuvent cette méthode pour l'avoir essayée qu'elle mérite d'être tentée. Si ça ne marche pas, il ne restera plus qu'à ouvrir le réservoir à la disqueuse mais là, je ne suis pas chaud. D'une part, s'il reste des vapeurs dans le réservoir, ça fait boum. Ensuite, il faut trouver un soudeur sérieux, capable de faire des soudures étanches, car si le carburant perle au dessus du moteur, ça prend feu. Superbe panorama.

capture-du-2011-12-24-16-51-40.png23 Décembre 2011 :


Démonstration est faite que ce ne sont pas les sceptiques qui font avancer le monde mais ceux qui travaillent, même si le travail n'est pas concluant tout de suite.

La méthode des boulons et des vis fonctionne. Elle fonctionne même très bien, au delà de ce que je pensais. J'ai d'abord monté un espèce de tournebroche dont je ne suis pas fier, pas fier du tout même, car il est sûrement le cafouillazibule le plus mal ficelé de la galaxie toute entière, mais à cela, il y a une raison. Je voulais tester le dispositif en utilisant des matériaux de récup. Inutile d'engager un budget si le système n'est pas valable.

Alors au menu, tréteaux sans âge, en sommeil dans la cave. Sur les tréteaux, des bouts de bois de récup venant d'une vieille armoire CONFORAMA dont j'avais gardé le bois pour bricoler. J'avais besoin d'une surface bien plane sur le dessus du tréteau pour assurer une rotation correcte.  Des colliers de serrage venant de ma réserve perso pour l'entretien de la voiture,  pour maintenir en place l'axe lorsqu'il est en rotation. L'axe de rotation et la manivelle sont fait avec le métal du pied d'un vieux parasol. Les tréteaux sont lestés avec de vieilles batteries de voiture. Le spectacle est navrant mais suffisamment contributif pour poursuivre dans cette voie. Comme le ridicule ne tue pas, je vous le montre.

img-0094.jpegA noter que je planche sur les plans d'une machine à brasser les réservoirs toute belle, avec la possibilité d'incliner le réservoir dans le maximum de positions possibles au cours du brassage. Car je peux faire une confidence. Je compte bien arriver au bout de cette machine et après elle, il y en aura une autre, c'est sur.

Il n'y a pas de moteur sur mon dispositif et je ne pense pas que cela soit nécessaire. J'ai tenté de grandes vitesses de rotation à la main mais je n'ai pas l'impression d'avoir été efficace. C'était comme s'il y avait un rythme idéal, plus bas en vitesse. Il faut varier le sens de rotation du réservoir, tantôt horaire, tantôt anti horaire, pour que les vis circulent bien d'un côté et de l'autre du réservoir.

A l'ouverture, ce fut la surprise. J'ai vu enfin la couleur de la tôle à l’intérieur. Le réservoir est débarrassé de sa gangue d'hydrocarbures solidifiés à 70 %, ce qui n'est pas mal. Il y a encore quelques plaques tenaces que je vais essayer d'atteindre avec un gros tournevis. Il va y avoir d'autres séances de brassage de réservoir jusqu'à ce que le résultat soit irréprochable. Malgré tout, c'est quand même compliqué de travailler sur des zones non visibles. Pour cela, je vais essayer de voir s'il n'existe pas une sorte de petite caméra USB avec une diode LED, montée sur un flexible, pour faire une vrai inspection de l'état général des parois.

Le dégazage du réservoir est presque accompli. Bien sûr, il reste des odeurs mais le plus gros est fait. Pour l'instant, le réservoir sèche, tous orifices ouverts, pour refaire une brassage à sec.

capture-du-2011-12-24-16-51-40.pngJe viens de trouver la caméra usb sur internet. Il s'agit d'une caméra endoscopique avec flexible et éclairage pour la somme de 24 euros 90. Je viens de la commander et j'avoue que j'ai hâte de l'essayer. Voici le lien de l'article. On en reparle aprés le test. 

http://www.somikon.fr/multimedia_20_video_cameras-numeriques_cameras-de-poche-et-sport_camera-usb-endoscopique-flexible-__px1078.html

capture-du-2011-12-24-16-51-40-1.png01 Janvier 2012 : Maudit réservoir !!!

Drôle de jour pour s'enfermer dans un atelier de quelques mètres carrés à 07 heures du matin. Oui mais voilà, le réservoir me tracassait. J'étais en plein immobilisme, rien de ce que je n'entreprenais ne fonctionnait et je ne supporte pas l'immobilisme. C'est contre nature et surtout contre ma nature.

J'ai tenté une fois la rotation du réservoir sur un axe mais ça ne suffit pas à enlever cette maudite couche de carburants solidifiée par des décennies d'attente.

Cet appareil a tout pour être efficace, quand il est conçu de plus belle façon que mon machin truc à deux balles, mais il n'assure qu'une rotation latérale. Il faut également une rotation du haut vers le bas pour un décapage dans les règles.

Alors, par perfectionnisme, dépit, colère et découragement, ( c'est la première fois depuis le début de cette aventure ) j'ai pris la décision de l'attaquer à la disqueuse mais rapidement, ma petite lumière rouge s'est mise à clignoter. Il fallait s'abstenir, se poser, avant de faire une bêtise grosse comme moi.

Alors, j'ai pris une tige plate en aluminium, je l'ai introduite dans le réservoir pour gratter le fond. J'ai enlevé pas mal de cochonneries comme cela. Ca venait par petits bouts, parfois des bouts plus gros

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img-0140-1.jpegC'est bien mais ce n'était pas suffisant !!!

C'est là qu'intervient la caméra, couplée à l'ordinateur portable.

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C'est un bijou ce truc. Ça fait des images magnifiques, presque en haute définition. La tête est étanche et éclairée par des leds. Voyez plutôt.

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La première image représente le recoin le plus innaccesible du réservoir. Sur la seconde, on distingue le filetage du robinet de carburant. La dernière image représente une paroi n'ayant jamais eu de dépôts d'hydrocarbures.

L'image affichée sur l'ordinateur est beaucoup plus propre mais j'avais du mal à tenir la caméra sans bouger en prenant des photos.

Grâce à la caméra, à chaque étape du décrassage, j'ai pu localiser les points où se concentraient les résidus à éliminer.

img-0137-1.jpegNe parvenant pas à les supprimer au grattoir, j'ai chauffé au décapeur thermique la tôle du réservoir à l'endroit précis indiqué par la caméra. La chaleur les a ramollis et c'est à partir de là que le grattoir a été efficace.

Pour aller au fin fond du réservoir, j'ai utilisé une barre de verrouillage de porte d’armoire, faite d'une tige en fer et d'un crochet. Cest de la récup, c'est pas pas très beau mais ça a permis de finir le travail.

img-0142.jpegIl m'a fallut plus de 5 heures pour finir convenablement le boulot. Et encore, si on cherchait bien, on trouverait à redire mais un réservoir est un espace clos aux recoins inaccessibles. C'est usant et désolant. L'idéal serait de l'ouvrir mais la soudure pour le refermer à intérêt d'être au micron sinon la moto prend feu et au remontage,si les cotes ont été modifiées, bonjour la galère.

Maudit réservoir !!!

 En outre, j'ai pris la décision de reporter toute opération de peinture au printemps. Les conditions seront bien meilleures pour faire du bon boulot. Par précaution, je vais mettre les pièces décapées en état d'attendre jusque là en leur appliquant à nouveau une couche d'huile moteur pour empêcher la rouille de s'installer.

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05 Janvier 2012:

A force de tourner en rond, comme une poule qui a trouvé un couteau et qui ne sait pas comment faire pour bien faire pour l'attraper, j'ai décidé d'aller voir un copain carrossier pour lui demander son avis. Deux cerveaux valent mieux qu'un. Verdict: On n'ouvre pas le réservoir parce qu'il est très compliqué, lorsqu'on le ressoude, de le rendre aussi étanche qu'avant.

Il faut décaper à l'acide chlorhydrique, ce que je ne sens pas du tout. Je ne le sens pas pour moi même et pour les autres car j'habite une collectivité et ça complique les choses.

Alors, en bon camarade, il m'a gardé le réservoir et va le traiter lui même à l'intérieur. Il y a des moment ou il faut savoir confier le volant à quelqu'un. L'homme sage connait ses limites.

Autre problème rencontré au cours du décapage de l'intérieur du réservoir, l'odeur pestilentielle qui se dégage des particules d'hydrocarbures chauffées. J'ai encore une fois emboucané toutes les caves de la résidence. Heureusement que j'ai des voisins sympa sinon on me retrouverait découpé en petits morceaux au fond d'une poubelle.

En cherchant sur internet des trucs pour dissiper les mauvaises odeurs d'essence, un internaute travaillant dans un centre auto conseillait le FEBREZE. Et bien, je confirme, il a raison. Ca supprime même les odeurs aussi tenace que celles là.

Prochaine étape comme expliqué plus haut, décapage des petites pièces de visserie et nouvelle couche d'huile sur les pièces déjà décapées. Et ce sera pas mal. On verra ensuite comment on traite les roues, par électrolyse.


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22 Avril 2012

 

Ca y est, il est revenu à la maison. à l’intérieur, il est beau tout plein. Pour le décaper, ils ont utilisé un produit pour décaper les jantes de voitures. En fait, c'est un acide et c'est sacrément efficace. Ils l'ont utilisé pur, alors qu'habituellement, il est à diluer mais les cas désespérés ne se traitent pas avec de l'eau distillée.

 

En attendant de vernir l’intérieur, j'ai mis dedans 1 litre d'huile moteur, j'ai secoué le réservoir dans tous les sens pour que l'huile se diffuse dans les moindres recoins et comme cela, il ne bougera pas. 

 

Restait à s'attaquer au décapage extérieur. J'ai pris le bon vieux gel décapant V33 et j'avoue que ce coup là, j'ai été déçu. J'ai pourtant laissé agir le produit plus longtemps que demandé mais le résultat est mitigé. Cette peinture ne veut pas mourir et elle me le fait savoir. 

photo0310.jpgJ'ai poursuivi par la bonne vieille méthode du décapeur thermique et ça fonctionne. J'ai testé la lampe à souder dans le même rôle. Ça cuit carrément la peinture. 

Voilà le résultat au bout de 45 minutes de travail.

photo0311.jpgAu moins, ça a le mérite d'être clair. Je sais ce qui me reste à faire. Huile de coude et sueur. Cool...!


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Le 01 mai 2012


Enfin, ça y est, j'y suis arrivé. Le réservoir est fini!!!.

La difficulté, si c'en est une, a été de décaper le fond de la partie centrale du réservoir, qui sépare les deux côtés du réservoir. La main passe difficilement jusqu'au fond, tellement c'est étroit. 

photo0317.jpgAlors, j'ai eu une idée, elle vaut ce qu'elle vaut, c'est très rustique mais ça a a marché. J'ai utilisé une barre plate de bois tendre, suffisamment étroite pour se glisser au fond de la partie à décaper. J'ai agrafé au bout de cette barre mon papier verre à poncer, et j'ai frotté la partie à décaper. Je suis pas mécontent du résultat.

photo0314.jpgEnsuite, ce fut le tour du bouchon du réservoir, qui comme la photo l'indique en haut de la page, avait bien souffert des outrages du temps. Je l'ai démonté pièces par pièces:

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Et je l'ai entièrement décapé. Et voilà le travail:

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Seul le caoutchouc est tombé en sucette au moment de sa petite toilette mais aprés 60 ans de service, il y a des choses qu'on peut pardonner.

Il ne reste plus à décaper que la roue arrière et cette partie si ingrate du boulot sera terminée. Ouf...

 

 

 


Commentaires (1)

1. Did TTR 03/01/2012

Il est vrai que cette caméra est un outil qui peut avoir de nombreuses utilités... Et pour le prix pourquoi s'en passer!

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